ou allons nous?

 

ALGERIE MON AMOUR

ALGERIE POUR TOUJOURS

 

Le sucre à 100 DA et plus? ou allons nous?

 

10.12.09: L'Echo d'Oran

Hausse sensible des légumes secs, Le plat de haricots sera cher, cet hiver

Hausse sensible des légumes secs

Le plat de haricots sera cher, cet hiver

La bourse de la ménagère va en prendre un sacré coup, cette fois-ci encore, car, après le prix de la viande rouge inaccessible, ceux de la volaille et du poisson, qui restent encore au sommet, sans oublier l'éternelle fluctuation du marché des fruits et légumes, voici que l'aliment du pauvre, à savoir les légumes secs, est touché de plein fouet par la hausse des prix. Le prix des haricots verts, par exemple, est passé presque du simple au double puisqu'il affiche, en ce moment, le prix de 150 DA le kilo, chez les détaillants alors que, il n'y a pas si longtemps, il était cédé autour de 100 DA. Idem pour les pois cassés et les lentilles, qui ont subi, eux aussi, une augmentation vertigineuse puisqu'ils flirtent avec les 150 DA le kilo, soit une différence de l'ordre de 30 % par rapport à il y a quelques semaines seulement. C'est à peu près la même chose en ce qui concerne le pois chiche et le riz qui, eux aussi, ont vu leur augmentation se situer entre 20 et 40 DA. Le riz s'écoule entre 80 DA et 120 DA le kilo selon la qualité et ce, au moment où le pois chiche a dépassé la barre des 120 DA le kilo. Cette augmentation, qui oscille autour de la marge des 20 % et 30 %, serait due aux retombées de la LFC 2009. Mais, les ménages n'arrivent pas se l'expliquer. En effet, T. Abdelkader, 63 ans, retraité d'une compagnie nationale de transport, nous dira à ce propos : «En me présentant, comme chaque matin chez mon épicier, je fus surpris par cette hausse des prix des légumes secs. C'est vraiment trop !» C'est la nourriture du pauvre que l'on a ainsi augmentée et rien d'autre. Déjà que l'on ne mange pas de viande et de temps à autre des légumes frais car chers. Les haricots et les lentilles, ainsi que le riz, constituent notre nourriture de base. Ce n'est pas avec ma modeste pension et encore trois enfants à ma charge que je peux m'en sortir. Comment vais-je faire ?» Pour H. Mimouna, 48 ans, mère de 4 enfants et dont le mari est routier, elle fera cette déclaration : «C'est vraiment trop ! Comment allons-nous faire ? Mon époux est continuellement en déplacement sur les routes du pays car il est chauffeur de poids lourd chez un privé et, croyez-moi, avec ce qu'il perçoit comme émoluments, on arrive difficilement à boucler les fins de mois. N'était-ce cette alimentation composée essentiellement de légumes secs, on ne s'en sortirait jamais et, avec ces augmentations, franchement on est dans l'embarras.» Quant à R. Boughrara, 55 ans, fonctionnaire, il a un autre point de vue : «En ce qui me concerne, cette hausse était prévisible. Elle vient en compensation de l'augmentation du SMIG et c'est tout. D'ailleurs, chaque fois qu'il y a une petite augmentation de salaires, le prix des produits de large consommation connaît, tout de suite après, une hausse considérable.» Enfin, A. Mohand, propriétaire d'une petite gargote à M'dina J'dida, fera cette remarque : «Avec cette augmentation qui est quand même sensible, il ne fait nul doute que nous allons être directement touchés, nous les restaurateurs, qui travaillons surtout avec les gens à faible revenu. Un plat de haricots ou de lentilles, qui constitue le plat du pauvre, ne l'est, en fait, plus. Même le «caren», fait à base de pois chiche, risque de connaître, malheureusement, le même sort.» En attendant, les ménages doivent tenir leur mal en patience en essayant de trouver encore d'autres solutions de rechange pour que le plat, qu'ils offrent à leurs progénitures, soit le plus économique possible mais le plus nutritif en même temps. Et c'est bien là toute la difficulté.

 
QUELQUES JOURS APRÈS LE RELÈVEMENT DU SNMG

Feu sur les étals!
quot. l'expression - 08 Décembre 2009

Six mois après la promulgation de la loi de finances complémentaire 2009, les effets se ressentent sur le marché.

 

Les produits de large consommation ne cessent de connaître des augmentations depuis quelques mois, notamment suite à la promulgation de la loi de finances complémentaire de 2009. L'une des explications avancées pour justifier ce phénomène est la réduction des importations.
L'obligation de recourir uniquement au crédit documentaire a été pour quelque chose dans cet état de choses. C'était d'ailleurs l'objectif visé explicitement par le gouvernement lorsque la loi de finances complémentaire a été adoptée. Il fallait réduire, coûte que coûte, la facture des importations, y compris celle des produits alimentaires.
Sans penser aux conséquences sur l'approvisionnement du marché et sur la flambée des prix. Cette dernière n'est certes pas nouvelle, mais la tendance a fini par s'exacerber en quelques mois. Tant pis pour les quelques milliers de travailleurs qui verront leur Snmg relevé dans quelques semaines. Il risque fort d'être grevé par la hausse des prix. Le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, n'a pas pu s'empêcher de souligner cette problématique lors de sa conférence de presse à l'issue de la tripartite la semaine dernière à Alger.
Sucre, légumes secs, pâtes alimentaires et autres denrées subissent la hausse des prix. Ils doivent d'ailleurs être acheminés de plusieurs ports du pays vers les marchés depuis l'interdiction de décharger les marchandises non conteneurisées au port d'Alger à partir de l'été dernier.
Les importateurs qui sont obligés de décharger leurs marchandises hors d'Alger, principal port du pays, font payer les frais de transport aux consommateurs.
Outre les produits alimentaires, on constate que les citoyens doivent payer les autres achats plus cher. La différence peut atteindre 100 dinars. C'est le cas pour les produits cosmétiques. Shampoings, déodorants, teintures pour cheveux figurent dans cette catégorie. La production locale existe mais elle est soit insuffisante, soit non conforme aux exigences des clients. Ce qui fait basculer la demande vers les articles importés ayant subi une pression. Les shampoings importés qui coûtaient 240 dinars l'unité sont cédés à 280 dinars. La spirale n'a pas épargné les produits locaux et les shampoings produits en Algérie ont vu leurs prix grimper de 30%.Toujours en ce qui concerne les importations, les magasins de produits importés, notamment ceux franchisés, paient également les frais des mesures gouvernementales. Ils se vident et n'arrivent pas à reconstituer leurs stocks. Si les obstacles à l'importation sont franchis, il faut toujours s'affranchir des modalités douanières et ce n'est pas toujours facile.
Les conteneurs remplis de marchandises attendent toujours au port d'Alger. Plusieurs jours sont nécessaires pour les dédouaner. Les nouvelles procédures d'importation sont perçues comme extrêmement contraignantes. Les délais sont devenus plus longs. Ce constat est fait par les importateurs et leurs intermédiaires depuis plusieurs mois et rien ne présage d'une solution rapide à ce problème.
Il y a un signe qui ne trompe pas pour tous ceux qui veulent se renseigner sur l'état du commerce extérieur en Algérie. Depuis quelques jours, il n'y a plus la multitude de bateaux en attente d'accoster le port d'Alger. Avant l'été, pendant certaines semaines, il y avait jusqu'à 50 bateaux en rade.
Comme si cela ne suffisait pas, le gouvernement a aussi pris des mesures réglementant l'importation de la pièce détachée.
Les concessionnaires automobiles se plaignent, à leur tour, des difficultés croissantes d'importer les pièces de rechange depuis l'entrée en vigueur, le 2 novembre, d'une nouvelle mesure interdisant l'importation de pièces non fabriquées par les équipementiers automobiles reconnus. Les concessionnaires sont en faveur de cette mesure, mais cela n'empêche pas l'apparition du problème de reconstitution des stocks. Les clients se plaindront si les prestataires de service n'arrivent pas à les satisfaire.
Alimentation, cosmétiques, pièces détachées: pour le gouvernement, il n'y pas de petites économies. Sauf que cette politique d'autarcie risque de s'étendre à d'autres produits essentiels comme les médicaments. Le gouvernement a été dans l'obligation de recourir à des mesures extrêmes dans le cadre de la LFC 2009 pour réduire la facture d'importation qui a atteint les 40 milliards de dollars en 2008. Dans un contexte de réduction des recettes d'exportation des hydrocarbures, les conséquences se manifestent à travers l'inflation galopante à plus de 5%, et une détérioration du pouvoir d'achat des travailleurs.
La baisse du dinar par rapport à l'euro ne fait qu'aggraver les choses. Ahmed Ouyahia promet de se pencher sur toutes ces questions. La deuxième mesure après l'augmentation du Snmg sera celle du contrôle des marges bénéficiaires des commerçants. 

 

Autoroute Est-Ouest :

 les détails de l’enquête sur le scandale du siècle 

Sept personnes, dont le secrétaire général du ministère des Travaux publics, placés en détention provisoire à la prison de Serkadji, à Alger, depuis septembre 2009. Cinq militaires - quatre colonels et un général- démis de leurs fonctions. Plusieurs autres individus auditionnés dans les prochains jours. La liste ne s’arrête pas. Des noms de hauts responsables algériens ainsi que des étrangers susceptibles d’être inquiétés par la justice. Point commun à toutes ses personnes, elles sont soupçonnées d’être impliquées de prés ou de loin dans une affaire de corruption concernant le projet de construction de l’autoroute Est-Ouest. Géré par la 9e chambre d’accusation du tribunal d’Alger, ce dossier pourrait connaître des rebondissements spectaculaires dans les prochaines semaines. Révélations.

L’enquête sur le dossier de l’autoroute Est-Ouest démarre à l’été 2008 lorsque les services de sécurité ont été destinataires de plusieurs dénonciations sur des affaires de corruption liées à la partie du contrat de l’autoroute Est-Ouest que le gouvernement algérien avait confiée en 2006 au groupement chinois Citic-Crcc pour plus de six milliards de dollars.

Très vite, les investigations mènent les enquêteurs sur la piste d’un certain Chani Medjdoub. Ce dernier, Algérien résident au Luxembourg où il travaillait officiellement comme juriste-fiscaliste, est un habitué des contrats internationaux. Grâce à des relations haut placées au sein des institutions de l’Etat algérien, M. Medjdoub a réussi à devenir un interlocuteur incontournable à la fois du groupement chinois et du ministère des Travaux publics, chargé de la réalisation de ce projet dit « du siècle ».

Chani Medjoub est le premier suspect à avoir été arrêté par les services de sécurité après près d’une année d’investigations. Il a été appréhendé à l’aéroport d’Alger dans le courant du mois de septembre dernier, à sa descente d’avion en provenance de Paris.

Actuellement, il est détenu à cellule 21 de la prison de Serkadji, à Alger. Lors des interrogatoires, l’homme s’est montré prolixe tant et si bien que ses aveux ont permis l’arrestation de six autres personnes. Parmi elles, le secrétaire général du ministère des Travaux publics, Mohamed Bouchama. Placé sous mandat de dépôt, ce cadre du département dirigé par le ministre Amar Ghoul est actuellement incarcéré à la prison de Serkadji.

Chani Medjdoub a été introduit auprès de Bouchama par un certain Colonel Khaled, puissant conseiller auprès du ministre de la Justice Tayeb Belaiz. Aujourd’hui démis de ses fonctions suite à cette affaire, le Colonel Khaled et M. Bouchama sont de vieilles connaissances pour avoir été tous les deux d’anciens élèves de l’Ecole nationale d’administration (ENA) d’Alger. Medjdoub a été présenté à Bouchema en qualité de banquier travaillant pour le compte du groupe chinois Citic.

Depuis, Mohamed Bouchema entretenait une « relation amicale » avec Chani Medjdoub, selon une source proche de l’enquête. Au cours de son audition, M. Bouchama a expliqué aux enquêteurs avoir agit de bonne foi dans la mesure où « il avait fait confiance à des responsables del’Etat ».

Côté chinois, c’est le célèbre homme d’affaires français Pierre Falcon (lire nos révélations) qui s’est chargé d’introduire Chani Medjdoub auprès de dirigeants du groupement Citic-Crcc. «Pour les entreprises chinoises implantées ou désireuses de mettre un pied en Algérie, Pierre Falcone est l’intermédiaire incontournable. Tout passe par lui. Rien ne peut se faire sans lui », explique un homme d’affaires français, fin connaisseur à la fois des marchés algérien et chinois.
 
En avril 2006, M. Flacon était présent à Alger à l’ouverture publique des plis pour l’attribution du projet de l’autoroute Est-Ouest. Pour rappel, Pierre Falcone a été condamné la semaine dernière en France à six ans de prison ferme pour son rôle dans l’affaire des ventes d’armes à l’Angola.

L’entrée en scène de Chani Medjdoub est intervenue au moment où le groupement chinois peinait à recouvrir ses créances auprès de l’administration algérienne. Les paiements étaient bloqués pour des raisons que les enquêteurs cherchent encore à élucider.
 
Le procédé de Medjoud était plutôt simple : En échange de facilités pour le recouvrement de ces paiements qui s’élèvent à plusieurs centaines de millions d’euros, Chani Medjdoub exigeait des Chinois des commissions. L’argent obtenu était alors transféré à l’étranger, notamment en Espagne où des comptes bancaires ont été ouverts au profit de Medjdoub et de ses complices algériens et étrangers. Cette opération a été rendue possible grâce à la complicité de deux responsables chinois de Citic-Crcc, actuellement en fuite.

Selon notre source, l’argent n’était pas prélevé sur l’enveloppe allouée par l’Etat au projet. Les sommes versées au titre de la corruption provenaient directement du groupement chinois. Les enquêteurs soupçonnent que le paiement de ces pots-de-vin s’est fait au détriment de la qualité des travaux comme ils soupçonnent également les Chinois d’avoir surévalué le montant initial du contrat qui s’élevait à l’époque à 6,2 milliards de dollars.

Lors de son audition, Chani Medjdoub a cité plusieurs noms de personnes qui seraient impliquées dans cette affaire. Ceux de deux anciens ministres figureraient sur la liste. Des noms d’intermédiaires étrangers ont également été cités. Sept civils ont été arrêtés dont trois trafiquants de devises qui facilitaient l’acheminement des sommes récoltées vers l’étranger. L’enquête sur l’autoroute a permis aussi de découvrir d’autres réseaux de corruption dans d’autres secteurs. C’est en partie ce qui explique la décision du président Bouteflika de créer une commission nationale Ad Hoc chargée du dossier de la corruption.

Au-delà de son aspect judiciaire, cette affaire ressemble à s’y méprendre à une tentative de déstabilisation du président Bouteflika. A travers ce dossier, c’est en effet le plus grand projet du deuxième mandat du chef de l’Etat qui a été ciblé. L’autre victime de cette affaire est la Chine. L’image des sociétés chinoises se trouve écornée par ce dossier. A Alger, on n’exclut pas que des services étrangers aient joué un rôle dans cette affaire…  

 

La corruption en algérie :
Comment s’en débarrasser ?


Lorsque le candidat Bouteflika a entamé sa campagne électorale pour son premier mandat, en 1999, il surprend l’opinion publique en s’attaquant à la corruption, ce mal qui gangrène les institutions de l’Etat et saigne le Trésor public. Il promet alors de mettre à nu la « mafia politico-financière » qui ruine l’économie du pays et de stopper les appétits voraces des « 12 barons qui ont le monopole du commerce extérieur ». Jamais le pays n’a connu autant d’affaires de corruption et de dilapidation de deniers publics que durant les années 2000. Les scandales en cascade démontrent que la corruption n’est plus une affaire de ministres ou de généraux, mais plutôt de système.

 

Censée freiner le fléau, la loi 01/06 de février 2006, relative à la prévention et la lutte contre la corruption, n’a fait que le banaliser. Il pousse le bouchon plus loin, en disant tout haut ce que les Algériens pensent tout bas : « Chez nous, les bandits sont devenus des gouvernants et les gouvernants des bandits. » Après son élection, il continue à fustiger les mêmes bandits, utilisant un ton coléreux et menaçant : « L’Algérie est minée par la corruption (...) Des bandits ont pris en main le marché de l’importation par la force, et parfois par la menace et la terreur (...) Ces monopoles individualisés sur le marché agissent selon les textes de la loi de la République. Ce qui explique l’assurance de ce groupe de personnes à dominer l’économie du pays. Toutes les facilités leur sont accordées par les banques (...) L’Algérie est une terre marécageuse et polluée. Elle a besoin d’être nettoyée d’abord, ensuite travaillée par des hommes intègres. » Des déclarations qui font tache d’huile. A l’exception du défunt président Mohamed Boudiaf, aucun responsable algérien n’a été aussi clair vis-à-vis du phénomène de la corruption, devenue un « sport national », comme l’a si bien défini un avocat. Le premier magistrat exhorte publiquement les services de sécurité à « mettre à nu les malversations constatées » et appelle par la même occasion les citoyens à s’impliquer dans cette lutte en dénonçant les corrompus. Un message très fort qui a fait naître l’espoir de venir à bout de ce fléau. De ce fait, des dizaines, voire des milliers de lettres faisant état d’affaires de corruption et de détournement de deniers publics arrivent aux services de la Présidence. Croyant à une véritable campagne de lutte contre la corruption, certains cadres et fonctionnaires de l’Etat mettent à nu plusieurs scandales, notamment au niveau des banques publiques et des administrations locales. L’un des plus importants et qui a fait couler beaucoup d’encre est sans conteste celui qui a éclaboussé l’administration douanière en 2001 et relatif à des courants de fraude ayant saigné pendant des années le Trésor public. Il s’agit notamment de vraies fausses domiciliations bancaires, de fausses déclarations en matière d’exportation des déchets ferreux et non ferreux et d’importation de produits électroménagers dans le cadre de la formule dite Règle 2 A et des dispositions CKD-SKD destinées au soutien de l’industrie du montage et de l’assemblage. Les commissions installées au niveau interne des services des douanes, chargées d’enquêter sur ces courants de fraude, ont estimé, dans leur rapport adressé au président de la République, à près de 7 milliards de dollars US les pertes occasionnées au Trésor public en l’espace de quatre années. La justice a été saisie en juillet 2001 et de nombreux cadres de la direction générale des douanes, des banques publiques ainsi que des services de police ont été convoqués et certains d’entre eux inculpés. Lorsque ceux qui dénoncent se retrouvent au box des accusés Fin 2002-début 2003, c’est le grand scandale du groupe Khalifa qui éclate pour éclabousser les plus hautes institutions de l’Etat. Certains évaluent le préjudice provisoire (en attendant la fin de la liquidation) à plus de 3 milliards de dollars. D’autres banques privées, encouragées et soutenues par des pontes du système et des personnalités civiles et militaires, vont disparaître en laissant de lourdes ardoises derrière elles, et des clients totalement ruinés. En 2004, Bouteflika, dont l’un des frères est cité dans l’affaire El Khalifa Bank, est réélu pour un deuxième mandat, mais la corruption atteint son summum. Durant cette période, les banques publiques vont faire une à une l’objet de véritables hold-up. Des sommes colossales sont accordées sans garantie à des particuliers aux relations assez puissantes. Une situation qui va mettre les institutions financières au bord de la faillite et pousser les autorités à leur injecter des fonds pour leur éviter la banqueroute. Les scandales arrivent en cascade et aucune banque n’est épargnée. En réaction, les autorités lancent le débat sur la nécessité de la refonte du système judiciaire et juridique. Au moment où l’on s’attendait à un durcissement du code pénal en matière de corruption et de détournement de deniers publics, le gouvernement présente un projet de loi qui adoucit les peines. Le débat au sein du Parlement est ahurissant. Les députés se sont focalisés sur un seul article, qu’ils ont fini par supprimer. L’article en question concerne la levée de l’immunité pour les députés en cas de soupçon de corruption ou de détournement. La loi passe comme une lettre à la poste, après la suppression de l’article en question, et va susciter une vive polémique chez les spécialistes du droit parce qu’elle ne fait pas de différence entre celui qui ruine le Trésor public, dont les peines encourues ne dépassent pas les 10 ans, et le petit délinquant qui vole un portable et risque 5 ans de prison.

Un centre de prévention pas encore installé

Pour de nombreux spécialistes du droit, la loi 01/06 a encouragé la banalisation des dilapidations et de la corruption, qui gangrènent les institutions de l’Etat. De nombreux dossiers ouverts par les services de sécurité et la justice sont vite refermés et ceux qui les ont dévoilés ont pour bon nombre d’entre eux été sanctionnés. Le centre de prévention et de lutte contre la corruption prévu par la même loi n’a toujours pas été institué. L’Algérie, qui a été l’un des premiers pays à signer la convention de lutte contre la corruption, se retrouve parmi les Etats les plus corrompus au monde. Chaque année qui passe, elle perd des points dans le classement de Transparency International. La lutte contre la corruption, que le premier magistrat utilise comme son cheval de bataille, s’est avérée finalement un discours creux. Bouguerra Soltani, ministre conseiller du président et chef de file du MSP, lui-même cité dans l’affaire Khalifa, jette un pavé dans la mare en affirmant détenir des dossiers dans lesquels sont impliqués des responsables de l’Etat. En réaction, le président menace de recourir à des poursuites pénales contre son ministre sans portefeuille. Entre- temps, c’est le nom du premier responsable de l’Assemblée nationale sortant, Mohamed Saïdani, qui est cité dans le scandale de la Générale des concessions agricoles (GCA). Le préjudice est estimé à plus de 60 milliards de dinars partis dans des prêts complaisants. Certains comme plusieurs autres personnalités sont par la suite cités dans des dossiers liés à la dilapidation de fonds publics. Loin d’être une affaire de quelques ministres ou de généraux, la corruption va toucher une grande partie de la sphère institutionnelle de l’Etat, au point où toute volonté de lutte est immédiatement neutralisée. Laminée, disloquée et divisée, la société civile est confinée dans un rôle de spectateur, et les rares volontés qui tentent de rompre cette inertie s’essoufflent après un long parcours du combattant. Au bout de deux mandats successifs et un troisième en cours, le premier magistrat du pays a montré pour sa part son incapacité de faire face à un fléau. La corruption en Algérie a encore de beaux jours devant elle, parce qu’elle n’est pas le fait de personnes, mais plutôt d’environnement, de système.

el watan du 31.10.09

 
1
1
La france attend d’être saisie par l’algérie
20 milliards en faux billets dans la nature

liberté . 29.10.09

De faux billets de  1 000 DA imprimés en France et en Italie avec du papier destiné à la Banque centrale d'Algérie : voilà une affaire sur laquelle les autorités gardent un énigmatique silence, y compris auprès des enquêteurs français qui l'ont mise à jour.

“On attend que l'État algérien se manifeste d'une manière ou d'une autre”, a observé le directeur de la police judiciaire de Lyon lors d'une conférence de presse consacrée à cette découverte. Car l'affaire a beau se dérouler en Europe, c'est l'économie algérienne qui en pâtit. C'est un réseau de fabricants de faux dinars, capables d'imprimer des “billets quasiment parfaits” grâce à du papier fiduciaire volé, qui a été démantelé à Lyon et Marseille. Pour les enquêteurs français, c'est une belle opération qui constitue le premier démantèlement d'imprimerie clandestine en France depuis plus de 10 ans. Pour le responsable de la division économique et financière de la Police judiciaire (PJ) de Lyon, Jean-François Ligout, “la spécificité de cette affaire vient du fait que le papier utilisé était destiné aux banques centrales”. Il provenait d'une cargaison d'une quarantaine de rouleaux subtilisés lors d'une attaque à main armée à Marseille en novembre 2006. Deux à trois de ces rouleaux, permettant chacun de fabriquer jusqu'à 500 000 billets, soit 500 millions de DA, avaient été retrouvés à Naples, en Italie, en janvier 2009. Mis sur la piste des trafiquants, les enquêteurs ont pu assister, en septembre, à la remise de trois de ces rouleaux par des voyous marseillais au réseau lyonnais. Mais ils n'ont retrouvé que deux rouleaux intacts, le troisième étant en cours d'utilisation. Selon la PJ, ces faux-monnayeurs avaient déjà réussi à écouler au moins 200 000 faux billets. “L'essentiel du réseau a donc été neutralisé” avant qu'une “production de masse” ait pu se mettre en place, a précisé le directeur adjoint de la PJ, Michel Neyret, ajoutant que les billets, d'une valeur de 10 euros, étaient revendus 3 à 4 euros chacun. Les 12 délinquants constituant le réseau lyonnais, interpellés mercredi, notamment à Paris et Marseille après quelques mois d'investigation, ont été inculpés et écroués dimanche pour association de malfaiteurs et contrefaçon.
Ces hommes, âgés de 30 à 60 ans et dont certains étaient connus pour des faits de grand banditisme, encourent 30 ans de réclusion criminelle. Deux frères, imprimeurs dans le centre de Lyon, constituaient “le maillon essentiel du réseau” : des milliers de billets ont été saisis dans leur entreprise.
Le papier fiduciaire volé comportait déjà les trois signes de sécurité (bande holographique, filigrane et fil) nécessaires à la fabrication des dinars algériens (alors que l'euro en compte soixante), ce qui a facilité la tâche des faussaires. “Il leur restait à ajouter le visage et le montant, ainsi que les numéros du billet”, a souligné M. Ligout. L'enquête a révélé que l'étape de la “numérotation” était réalisée par un informaticien basé à Saint-Étienne et qui avait mis au point un logiciel spécifique. “Les billets étaient quasiment parfaits”, a ajouté M. Ligout.
Ce n'est pas la seule affaire : trois personnes ont été également inculpées, lundi, à Marseille, pour association de malfaiteurs en vue de contrefaçon de dinars algériens. Il s'agit d'un réseau distinct de celui de Lyon. Le juge Dominique Voglimacci de la seconde ville de France et le parquet ont requis un mandat de dépôt contre ces suspects qui devaient passer dans la soirée devant le juge des libertés et de la détention. Comme dans le dossier lyonnais, l'affaire marseillaise a démarré avec le braquage, en novembre 2006, d'un camion transportant des rouleaux de papier fiduciaire destinés à la Banque centrale d'Algérie et qui ont servi à la fabrication de faux dinars.
Une première personne, suspectée d'avoir recelé le poids lourd dans un hangar de la région, avait été écrouée dans ce dossier en 2007 par la juge Fabienne Adam du Tribunal de grande instance (TGI) de Marseille, avant d'être remise en liberté. Dans un second temps, le TGI d'Aix-en-Provence avait été saisi après l'arrestation de deux Tunisiens porteurs d'une valise pleine de faux dinars à l'aéroport de Marignane, proche de Marseille. L'affaire avait franchi un dernier pas avec la découverte de certains rouleaux marseillais en janvier 2009 dans une imprimerie clandestine du sud de l'Italie.

Autoroute Est-Ouest :

au moins quatre personnes,

dont le SG du ministère des Travaux publics, arrêtées

Qualifié de projet du siècle par le ministre des Travaux publics Amar Ghoul, l'autoroute Est-Ouest est en train de se transformer en scandale du siècle. Au moins quatre personnes ont été arrêtées ces derniers jours, soupçonnées d’avoir touché des pots-de-vin dans des contrats liés à ce projet. Parmi eux, le secrétaire général du ministère des Travaux publics a été arrêté en fin de semaine par les services de sécurité et placé sous mandat de dépôt par le Tribunal de Sidi Mhamed d'Alger. Le secrétaire général arrêté était aussi en désaccord avec son ministre Amar Ghoul qui l'a écarté des conseils d'administration de l'Agence nationale des autoroutes et du CTTP, deux organismes dépendant du ministère des Travaux publics. Depuis le lancement de la construction de l'autoroute Est-Ouest, des soupçons de corruption pesaient sur des responsables du département de Amar Ghoul. Ces arrestations font suite à une enquête de plusieurs mois des services de sécurité sur des affaires de corruption et des plaintes du groupement chinois Citic-Crcc en charge de la construction des parties Centre et Ouest de l'autoroute Est-Ouest. L’ambassade de Chine a également protesté auprès des autorités algériennes, selon un proche du dossier. Le groupement chinois aurait subi des pressions de la part de personnes proches du secrétaire général du ministère des Travaux publics et d’autres personnalités de l’Etat pour l’obliger à verser des pots de vins, explique une source proche du dossier. L'enquête des services de sécurité qui se poursuit risque de faire tomber d'autres têtes au ministre des Travaux publics et dans les milieux d’affaires nationaux et étrangers. « Les responsables utilisent des intermédiaires qui sont généralement des entrepreneurs sous traitants pour obtenir d'importantes commissions de l'entreprise de réalisation en échange de facilités dans le contrôle des travaux, l'approvisionnement en remblais et matériaux de construction », explique le proche du dossier. Outre les commissions, des responsables de l'Agence nationale des autoroutes (ANA) n'hésitent pas à demander aux étrangers des avantages personnels tels que les visas, des téléphones portables, des caméras. L’enquête devrait se poursuivre et s’étendre à d’autres intermédiaires vivant en Algérie mais aussi dans plusieurs pays étrangers, dont la France.

Un policier tue deux civils et blesse deux de ses collègues à Alger

tsa.com - 08.10.09
 
Un policier a tué par balles deux personnes se trouvant dans leur véhicule et blessé deux de ses collègues,  mercredi 7 octobre dans la soirée, devant le commissariat de Gué de Constantine, un quartier populaire du sud d'Alger. Les circonstances de la fusillade sont toujours inconnues.  
Le policier, auteur de ces coups de feu, a été arrêté et mis en détention préventive, selon un communiqué du procureur général de la Cour d'Alger, diffusé jeudi. Le tribunal de Hussein Dey a ouvert une enquête pour homicide et blessures volontaires pour déterminer les causes exactes de cet incident.
 
La violence se banalise en Algérie
La banalisation de la violence en Algérie traduit l’échec du système scolaire mais aussi des politiques familiale et sociale du gouvernement.

mardi 22 septembre 2009.  Synthèse de Samir, www.algerie-dz.com

 Une simple altercation verbale pour un motif anodin se transforme en une bataille rangée d’une violence aveugle où le sang a coulé sans heurter les états d’âme des belligérants. Ni la morale sociale ni les codes juridiques ne font autorité, désormais, devant la force de l’instinct grégaire et les pulsions animales. La violence en Algérie est décidément devenue le moyen de prédilection des citoyens algériens pour exprimer leur mécontentement ou régler leur litige, même les plus anodins. L’on assiste à une multiplication en Algérie de rixes entre bandes rivales, des batailles rangées entre tribus et même des altercations familiales mortelles. Ainsi, jeudi dernier à M’sila, dans la ville de Magra, une simple partie de dominos entre les membres d’une même famille a tourné au pugilat. Des dizaines de personnes armées, munies de faucilles, de gourdins et de couteaux, se sont livrées une véritable bataille rangée. A son issue, il a été enregistré la mort d’un jeune père de famille, âgé de 28 ans, 19 blessés et l’arrestation de 15 personnes. Les causes des différents incidents régulièrement rapportés par la presse sont pour la plupart tout aussi anodines.

Ainsi, la daïra de Seddouk, dans la wilaya de Béjaïa, a vécu, à la mi-août dernier, de violents affrontements entre jeunes de deux villages de la commune de M’cisna. La raison de cette « guerre tribale » n’est qu’un tournoi de football intervillages. Débutés à cinq minutes de la fin de la rencontre qui opposait les équipes des deux villages rivaux, les échauffourées se poursuivront des jours durant, engendrant des dizaines de blessés et occasionnant la destruction de nombreux édifices publics et privés. Il n’est par ailleurs pas rare qu’une simple dispute de voisinage, entre commerçants et clients ou pour une place de parking, ne vire à la bagarre générale. Les deux belligérants s’échangent des insultes, parfois des coups, et détalent pour appeler en renfort, frères, cousins et amis.Il y a quelques jours, la localité d’El Outaya, dans le nord de Biskra, s’est transformée en champ de bataille à la suite d’un accident de la circulation. Les propriétaires des deux véhicules ne se contentant pas d’établir un constat en bonne et due forme en viennent aux mains. Les familles de ces derniers ont été appelées à la rescousse et se sont dépêchées sur les lieux munies d’armes blanches. La bataille a pris fin grâce à l’intervention des éléments de sécurité, mais on dénombre pas moins de huit blessés graves et plusieurs véhicules complètement détruits. Parfois ce sont des quartiers entiers qui vivent dans la hantise d’une « guerre de gangs ».

Synthèse de Samir, www.algerie-dz.com

خرجت لتحتفل بعيد الفطر مع أقرانها
مختل يطعن طفلة عمرها 6 سنوات بخنجر

 اهتزت مدينة أرزيو صبيحة العيد لحادثة خطيرة ألقت بطفلة لم تتجاوز 6 سنوات في مصلحة الاستعجالات بمستشفى المحفن بأرزيو في حالة خطيرة، قبل أن يتم نقلها إلى مصلحة جراحة الأطفال بوهران، بعد أن أصيبت بطعنة خنجر من مختل عقليا.
الطفلة التي لا يتجاوز عمرها 6 سنوات، والقاطنة بحي الأمير عبد القادر بأرزيو، كانت تعيش صباح العيد أجواء الفرحة مع أقرانها وجيرانها، وهي سعيدة بملابسها وبما جمعته من دنانير. وهذا قبل أن يتقدم إليها شخص مختل أو واقع تحت تأثير المخدرات، حسب رواية أخرى، ويطعنها بخنجر على مستوى البطن ثم ينزع منها حقيبتها الصغيرة التي كانت تحوي بعضا من الدراهم. ليتحول بذلك يوم عيد والديها وأقربائها إلى مأساة حقيقية جعلتهم يقضون اليوم المبارك في المستشفى بدلا من المكوث في البيت واستقبال المهنئين. كما شهدت مدينة وهران حادث مؤلما راح على إثـره الطفل جمال البالغ من العمر 11 سنة، والقاطن بشارع جمال الدين بحي كارطو في وهران، يتيم الأب، والذي دهسته سيارة أردته قتيلا حين كان يحاول عبور الطريق على مستوى المكان المعروف باسم ''القنطيرة'' أين يقام مشروع سكني، بحوالي ساعة بعد موعد الإفطار ليلة العيد، وقد ووري الثـرى صباح العيد وسط أجواء مفعمة بالحزن والأسى.

el khabar - 22.09.09

 

Algérie:

un mort, 20 blessés

dans des affrontements entre familles

 

Lakoominfo.com

 

 

ALGER,  Une personne a été tuée et une vingtaine blessées jeudi dans des affrontements entre membres de deux familles d'un village de la wilaya (département) de M'sila (250 km au Sud-Est d'Alger), a indiqué vendredi la gendarmerie.

Les affrontements ont commencé peu avant la rupture du jeûne observé pendant le ramadan, en fin d'après-midi dans le village de El M'rabaa, où une dispute entre deux jeunes a éclaté pour une raison inconnue puis a dégénéré, selon la même source citée par l'agence APS.

Des membres des familles des deux jeunes gens se sont alors affrontés à l'arme blanche et avec divers objets, faisant un mort et vingt blessés, dont deux dans un état grave, selon la gendarmerie qui est intervenue.

 

Hausse inquiétante de la pauvreté :

 Un quart des Algériens dans la misère

La pauvreté s'est « confortablement » installée dans les foyers algériens. Le pays compte au moins 1,2 million de familles démunies. Une réalité longtemps dissimulée par les pouvoirs publics. Le chiffre n'est pas établi par une quelconque ONG ou organisation autonome qu'on pourrait accuser d'avoir une volonté de ternir l'image du pays. Il est communiqué par l'un des ministres le plus hostile au débat autour de la misère sociale en Algérie, celui de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Communauté algérienne à l'étranger, Djamel Ould Abbès. Le couffin du Ramadhan a, semble-t-il, contraint ce dernier à rendre publiques ces statistiques. En effet, dans une déclaration reprise avant-hier par l'APS, M. Ould Abbès donne le chiffre de 1 200 000 familles démunies qui bénéficieront de l'aide de l'État durant le mois sacré, qui est de 3 milliards de dinars.Ce sont donc au moins autant de familles qui sont dans le besoin. Mais le nombre sera sans nul doute très important. En tout cas, il est beaucoup plus important que les 72 302 personnes « démunies » recensées auparavant par le département de Djamel Ould Abbès. Ce dernier, qui ne cesse de gloser sur la dénomination de la pauvreté, préférant désigner cette population par le terme « démunie », devra désormais penser à ces millions d'Algériens qui peinent à subvenir à leurs besoins les plus élémentaires. Le phénomène n'est pas marginal. En l'absence d'étude nationale sur le sujet (la dernière en date a été réalisée en 2006), il est difficile de connaître avec exactitude le nombre de pauvres en Algérie. Aucune enquête sérieuse n'a été établie depuis le dernier rapport du PNUD sur la pauvreté en Algérie, témoigne un responsable de la Banque mondiale à Alger. C'est sur les documents des organismes internationaux que les services de sécurité se sont basés pour élaborer, en avril dernier, un rapport dans lequel ils confirment l'étendue du phénomène. « Depuis la crise pétrolière de 1986, des pans entiers de la société algérienne ont sombré dans la pauvreté. En 2003, et malgré des réserves de change dépassant les 30 milliards de dollars, un Algérien sur trois vit en dessous du seuil de pauvreté », explique ce rapport des services de sécurité repris, à l'époque, par la presse nationale.Le nombre de pauvres dépasserait, selon la même source, les 10 millions de personnes. La situation s'est dégradée davantage ces dernières années. Elle est accentuée en particulier par la précarité de l'emploi et l'érosion du pouvoir d'achat des Algériens. L'Algérie est visiblement un pays riche avec une population pauvre. Alors que la rente pétrolière est en nette progression (144 milliards de dollars de réserves de change), la répartition des richesses n'est pas équilibrée. Selon le dernier rapport du PNUD, moins de 20% de la population détiennent un peu plus de 50% des richesses du pays. Le reste de la population n'a droit qu'à des miettes. C'est dans les zones rurales que le phénomène est plus généralisé. Selon la carte de la pauvreté établie par l'Agence nationale d'aménagement du territoire (ANAT), 17,4% des communes situées dans les Hauts-Plateaux sont frappées de plein fouet par la misère sociale. La situation est plus critique également dans les zones montagneuses, comme les wilayas de Médéa, Chlef et Aïn Defla. Les signes de la pauvreté, selon la même étude, sont visibles notamment à travers le revenu des ménages oscillant entre 5000 et 10 000 DA/mois, le taux d'analphabétisme, le droit aux soins et l'accès au logement. Pour ces familles, le débat actuel autour de l'accès aux technologies de l'information et de la communication relève de la fiction. Le gouvernement est appelé ainsi à revoir sa copie et à se mettre au travail afin d'assurer d'abord les conditions d'une vie digne à ses citoyens.el watan - 19-08-09

 

Train de vie de l'Etat :

la présidence commande 40 voitures haut de gamme

le  08/08/2009  |  tsa.com

Sovac, représentant exclusif du groupe Volkswagen en Algérie, va fournir à la présidence de la République quarante voitures haut de gamme de type Audi A6 2,8 FSI pour un montant total de 179,96 millions de dinars. La société Sovac a obtenu ce contrat à l'issue d'un appel d'offres lancé par la présidence de la république qui renforce ainsi son parc de véhicules haut de gamme. 

En mars dernier,
le Conseil constitutionnel avait déjà passé commande auprès de la société Sofiemca, l'autre distributeur de Wolkswagen en Algérie, pour l'acquisition de neuves voitures de type Passat dotées d'un moteur essence 1,8 TSI d'une puissance de 160 chevaux, pour 22,5 millions de dinars.

Ces commandes illustrent les dérapages du train de vie de l'Etat dans un contexte où le gouvernement demande aux population de faire des efforts en consommant moins. Les cortèges de véhicules officiels luxueux filant à toute allure dans les rues de la capitale ont un effet négatif sur l'image des responsables du pays, accusés de dilapider ses richesses pour leurs besoins et ceux de leurs proches. 

 

 

ALGÉRIELes moutons suivis par GPS

03.08.2009 - international.com

"Le trafic de cheptel aux frontières a atteint ces dernières années des proportions alarmantes. Les contrebandiers spécialisés dans le bétail ont causé  des préjudices considérables au secteur", constate Liberté qui précise que les douaniers algériens qui travaillent aux frontières avec le Maroc et la Tunisie démantèlent chaque année plusieurs réseaux de passeurs. Afin de juguler ce trafic, les autorités vont lancer dans les prochains jours une opération qui permettra d'établir une cartographie nationale du bétail. Un système électronique mis au point par des experts canadiens va aussi révolutionner l'identification des ovins. En implantant une puce électronique au niveau des oreilles des bestioles, on pourra connaître le nombre de bêtes et suivre leur déplacement. Chaque animal recevra un code et une référence. Les troupeaux des éleveurs nomades, les plus touchés par le trafic, seront les premiers équipés.
 

Algérie :

Salaire pour vivre, Salaire pour survivre

 Le salaire minimum à 15.000 dinars changerait-il quelque chose dans la vie des smicards du pays ? Les experts sont en général dubitatifs, les hausses des salaires ayant tendance en général à être bouffées par l'inflation. Pour ceux qui vivent déjà mal avec des salaires de plus de 25.000 dinars, la question ne se pose même pas.

La statistique froide leur donne raison. Les dépenses incompressibles, loyer, électricité-gaz, eau, santé, représentaient au début des années 80 le quart des salaires. En 2008, c'est pratiquement tout le salaire qui y passe. Les familles, qui vivent avec un salaire unique situé entre 20.000 et 30.000 dinars, rognent sur l'alimentation (pain, patate, semoule, lait) pour joindre péniblement les deux bouts. La famille moyenne qui se sent relativement «à l'aise» est celle où le couple travaille. Dans ce cas, l'un des salaires va entièrement aux dépenses incompressibles auquel il faudra ajouter souvent les remboursements mensuels du crédit-auto.

 Le bon salaire dans l'Algérie de 2009, c'est deux salaires au moins, disent à leur manière les couples algériens qui se démènent avec un revenu cumulé de 40.000 à 50.000 dinars. C'est déjà un peu loin du SMIG à 35.000 dinars promis par la candidate Louisa Hanoune, au cours de la campagne présidentielle. Un niveau qui, bien entendu, ne peut être accepté par un gouvernement qui lie l'augmentation des salaires à des gains de productivité. Le candidat Bouteflika avait bien évoqué une augmentation du SMIG, mais il est probable que la tripartite, annoncée pour l'automne, ne dépassera pas le très fade et peu enthousiasmant 15.000 dinars.

Le grand écart

 Les banques étrangères, qui se sont spécialisées dans le crédit à la consommation, ont peut-être leur idée sur le salaire «acceptable». Elles avaient octroyé des crédits-automobile pour ceux dont le revenu minimum est de 25.000 dinars. En mars dernier, elles ont élevé le seuil. Ces banques éjectent de l'octroi au crédit ceux dont les salaires sont inférieurs à 32.000 dinars. Les banquiers étant à côté de leurs sous et font beaucoup de calculs, on peut estimer que ces 32.000 dinars - même si l'on n'achète pas une voiture et que l'on continue à crapahuter dans les transports communs - constitue le salaire «correct», celui au-dessous duquel rien n'est permis. Pas même le droit d'espérer. Avec un tel seuil pour l'automobile, on imagine sans peine, les seuils exigés pour l'accession à un crédit logement. A moins d'une incitation spéciale — il a été question d'octroyer des crédits à zéro intérêt - de la part du gouvernement en direction des banques publiques, avoir un crédit pour acheter un logement relève de l'impossible...

 Si, les «négociations» à la tripartite tourneront autour d'un salaire minimum à 15.000 dinars, cela donne une idée sur l'écart entre ce qui peut être considéré comme un «salaire acceptable» et la réalité. Le gouvernement, même pour répondre à des engagements électoraux pris au cours de la présidentielle, veillera à ne pas ouvrir la boîte de Pandore. Les revenus pétroliers connaissent une chute sensible, d'où la tendance à essayer de brider les importations par de nouvelles mesures contraignantes. Le FMI s'est d'ailleurs félicité de l'approche des autorités qui oeuvrent «à préserver la compétitivité et la viabilité à long terme des finances publiques en contenant les dépenses courantes, et en particulier, la masse salariale et les subventions», et «appuie» la volonté du gouvernement de lier «les futures hausses de salaires aux gains de productivité et aux résultats de croissance». Les autorités pourraient faire valoir qu'une hausse des salaires ne va pas, dans les conditions actuelles, stimuler la production nationale, mais les importations. La relance par la consommation n'a, en effet, de sens que pour les économies productives et l'économie algérienne est loin de l'être.

«Arrangements algériens» aléatoires


 Il reste qu'avec un revenu de 12.000 ou de 15.000 dinars, on n'est pas dans la «consommation» mais dans la débrouille pour la survie. C'est, d'ailleurs, ces réalités lourdes qui favorisent les évolutions significatives, comme le travail des femmes. Mais dans les conditions actuelles, avec un syndicat UGTA très «responsable», des syndicats autonomes très bridés et un vaste espace gris de travail informel, les salariés ne disposent pas de moyens de pousser les améliorations de salaires au-delà de ce que consent le gouvernement. Le rapport de force est défavorable. Le succès relatif des travailleurs d'Arcellor Mittal, qui ont obtenu une hausse de 15 %, ne parait pas devoir faire contagion. C'est la tendance globale. Il existe parfois des «arrangements très algériens» qui compensent cette limitation des salaires. On a pu ainsi découvrir, à la faveur d'une grève au port d'Alger, que les dockers étaient payés pour des heures supplémentaires fictives par leur employeur, l'Epal.

En prenant la gestion du port, DPW a bousculé cet arrangement en appliquant la règle que seule des heures supplémentaires effectives sont payées. L'arrangement était de fait une hausse de salaires déguisée. Aux yeux des dockers, même s'ils ne le disent pas ouvertement, en bousculant l'arrangement sur l'organisation du travail et les «heures supplémentaires», DPW leur impose de travailler davantage sans contrepartie. Le problème des dockers est que DPW avait la loi pour elle et «l'arrangement» a été bel et bien remis en cause. Dans d'autres secteurs d'activité, on n'imagine même pas pouvoir négocier ces hausses de salaires déguisées. Le gros des salariés algériens a clairement peu de chance d'atteindre le niveau du salaire «décent», implicitement fixé par les banques étrangères.

continental news - 27.07.2009

 
 

Après le désastre financier du Panaf,

Habib Chawki casse la tirelire de:

 l'Alrie

pour organiser son «festival»

Par  zineb benzita , le  23/07/2009  - tsa.com
La troisième édition du Festival international du film arabe a débuté ce soir à Oran. Elle va se poursuivre jusqu'au 30 juillet. Le festival a commencé par une demande inédite de son commissaire, Hamraoui Habib Chawki. Selon nos informations, l'ancien DG de l'ENTV démis de ses fonctions en 2008 pour des raisons encore obscures, a exigé et obtenu du wali d'Oran, de doubler les effectifs de la police nationale autour des hôtels Sheraton et Royal ainsi que du Théâtre régional qui vont abriter le festival.

Résultat : les habitants d'Oran ont été contraints de rester chez eux, jeudi soir, malgré la canicule. Les déplacements à Oran étaient tellement difficiles que même des invités algériens du festival n'ont pas pu rejoindre en voiture les lieux des festivités à cause de la circulation et des mesures de sécurité déployées par la police. Ils ont dû abandonner leurs véhicules et marcher à pied jusqu'au théâtre régional.

Certes, sécuriser des lieux publics fait partie des missions de la police nationale surtout dans un contexte sécuritaire difficile. Mais une question se pose : à quel titre, Hamraoui Habib Chawki peut-il demander au wali d'Oran, un haut fonctionnaire de l'Etat algérien, de doubler les renforts de police? A-t-il les prérogatives du ministre de l'Intérieur ou du DGSN? Dans un pays au fonctionnement normal, c'est au wali d'évaluer la situation et de mettre en place les effectifs nécessaires à la sécurisation des lieux, en tenant compte d'autres contraintes comme la disponibilité des policiers et le confort des citoyens.

Cette maladresse de l'ancien DG de l'ENTV intervient alors que son festival est de plus en plus critiqué. Coûteux - plusieurs millions d'euros-, il fait la part belle aux productions des autres pays au détriment du cinéma algérien qui en a pourtant grandement besoin. Dans les milieux culturels algériens, le Festival international du film arabe d'Oran est critiqué. Certains s'interrogent sur les critères retenus par les organisateurs dans le choix des invités et des films sélectionnés.

Les milieux artistiques sont d'autant plus amers que le festival de Habib Chawki intervient après le fiasco du Panaf : plus de 80 millions d'euros pour un bilan mitigé : peu de visibilité pour l'image de l'Algérie, le scandale de la fausse Lucy révélé par nos confrères d'El Watan, des sommes dépensées dans l'opacité la plus totale...

Ces sommes faramineuses sont dépensées dans des festivals sans intérêt alors que l'Algérien continue de souffrir de la malvie. Notre système de santé est dans un état désastreux, l'Ecole est sinistrée, le chômage atteint des niveaux inacceptables...Il est sans doute temps de mettre fin au gaspillage de l'argent des Algériens dans des festivals qu'aucun pays ne veut accueillir. L'Algérie ne peut plus se permettre de telles folies financières dans un contexte où on demande aux Algériens et aux entreprises de faire des efforts.

 

Le droit a-t-il le droit d’être tordu ?

Par  m.a boumendil , le  16/07/2009- tsa.com

Le droit est le vecteur incontournable au nom duquel est censée se rendre la justice. Il doit son nom au devoir de rectitude et d'impartialité qui est le sien. Aussi peut-on conclure, ne serait-ce que parce qu'il porte ce nom, que le droit n'a pas le droit d'être tordu.

C'est malheureusement loin d'être le cas. Deux exemples concrets pour imager le fait que le droit peut être parfaitement courbe et s'adonner à des circonvolutions surréalistes. En Algérie tout au moins. Deux exemples concrets pour prouver que les lois de la géométrie ne sont pas immuables :

Une veuve algérienne résidant en France, dont les trois enfants majeurs sont de nationalité française, a placé quelques économies en banque en Algérie dans le but de se construire une petite maison, pour y finir ses jours et y recevoir de temps à autre ses enfants. Le destin ne lui en a pas laissé le loisir, fauchée traîtreusement par la mort.

D'un commun accord avec leur famille du bled, ses enfants ont respecté les volontés de la défunte en l'enterrant dans la terre de ses ancêtres qui lui était si chère. Puis, ayant pris connaissance du compte bancaire de leur défunte mère, ses trois enfants se sont présentés devant un notaire pour engager la procédure qui leur permettrait de récupérer chacun son dû.

Jusqu'ici, rien que de normal. Mais qu'elle n'a été leur surprise lorsque le notaire, constatant que les héritiers sont de nationalité française, leur a tout simplement demandé de faire la preuve de leur appartenance à la confession musulmane pour prétendre accéder à leur modeste héritage !

Parce que français de nationalité ils devaient prouver leur islamité, quand bien même ils s'appellent Abdelwahab, Abdelkrim et Kheddidja !

Cela est une histoire vraie. Admettons maintenant qu'ils s'appellent André, Marcel et Claudine, par exemple, qu'ils soient chrétiens et qu'ils y tiennent. Quel est donc ce droit tordu qui leur interdirait d'hériter de leur mère ? Imaginons seulement qu'un cas similaire soit le fait de l'administration française à l'égard d'héritiers maghrébins et musulmans...

Deuxième exemple qui prouve que le droit, dans certaines contrées du moins, n'est pas le chemin le plus court pour atteindre la justice :

Qui, en Algérie ne connaît pas ou n'a pas entendu parler de Khalida Toumi, Louiza Hanoune et Zohra Drif ? La première est ministre de la culture depuis quelques années déjà, la deuxième est présidente d'un parti politique, députée, et deux fois candidate à la présidence de la république, tandisque la troisième est sénatrice après avoir été une héroïne de la guerre de libération. Toutes les trois  peuvent prétendre, théoriquement et selon le droit en vigueur, à présider aux destinées du pays ou à occuper, comme c'est déjà le cas, des postes de hautes responsabilités. Mais, toutes les trois réunies, n'ont pas le droit de témoigner dans une mairie pour faire délivrer, par exemple, une attestation de non activité à une personne sans emploi, le témoin devant être forcément un mâle, selon ce même droit.

Et, extrême contradiction, dans un procès en criminelle où l'accusé risque la peine capitale, le témoignage d'une femme, de n'importe quelle femme, est tout à fait recevable, toujours selon ce même droit qui, il faut le reconnaître, est quelque peu tordu

ة   1068 امرأة متورطة في القتل والذبح والجريمة المنظمة

 

توقيف أكثر من 180 امرأة بين عاهرة ولصة وقاتلة ومهرّبة شهريا

كشف تقرير أمني حديث، أن سطيف تتصدر الولايات التي سجل بها أكبر عدد من الجرائم التي تورطت فيها نساء بـ83 امرأة تم توقيفها.

 

وتأتي عين تموشنت بعدها بـ78 امرأة أغلبهن متورطات في التهريب والشعوذة والدعارة إضافة الى ولايتي مستغانم وتلمسان غرب البلاد، بينما تحتل "العاصميات" الترتيب الخامس بـ45 امرأة متورطات في التزوير، الانتماء لجماعة أشرار والدعارة.

وانتشر الإجرام النسوي بأشكاله ومس العديد من ولايات الوطن المصنفة ضمن المناطق المحافظة أهمها ميلة، تيارت، وهران، سيدي بلعباس، معسكر، عين الدفلى، الشلف، عنابة، تيبازة، غليزان، تبسة، البرج، وتمنراست أقصى الجنوب حيث سجل تورطهن في الدعارة والتهريب.

ويشير التقرير الذي أعدته خلية الاتصال بقيادة الدرك الوطني حول مكافحة الإجرام النسوي خلال الأشهر الستة من العام الجاري الى توقيف 20 امرأة في إقليم اختصاص الدرك لتورطهن في القتل العمدي من مجموع 1068 امرأة تم توقيفهن خلال هذه الفترة لتورطهن في جرائم مختلفة.

ويلفت التقرير الانتباه الى تفاقم الإجرام النسوي حيث تضاعف عدد المتورطات مقارنة بالعام الماضي، اذ سجلت مصالح الدرك توقيف 1065 امرأة خلال سنة 2007 وهو ما يعادل عدد الموقوفات خلال 6 أشهر من العام الجاري.

 ويتصدر الضرب والجرح العمدي القضايا التي تورطت فيها النساء خاصة الشابات اللواتي تتراوح أعمارهن بين 18 و30عاما إضافة الى انخراطهن في الجريمة المنظمة مثل التهريب، الإتجار بالمخدرات إضافة الى السرقة وتراجع عدد الموقوفات المتورطات في "الجرائم التقليدية" المتعلقة بالدعارة والأفعال المخلة بالحياء والإغراء على الطريق العمومي.

 

ILS FOUILLENT DANS LES POUBELLES POUR SURVIVRE

La faim justifie les moyens 07 Juillet 2009 - quot. l'expression- 

Depuis deux ans, le quadragénaire de Belcourt fouine dans des dépotoirs publics pour...se nourrir. «Un bout de viande rouge!» Le visage de Ammi Ali, cheveux en bataille et une barbe de trois jours, s’illumine. Il vient de dégoter un «rare» trésor. Depuis deux ans, le quadragénaire de Belcourt fouine dans des dépotoirs publics pour...se nourrir et subvenir aux besoins de sa famille nombreuse: deux adultes voués au chômage «à perpétuité», trois filles condamnées au célibat malgré leur âge avancé et un malade chronique...A cause de cette charge fastidieuse, Ammi Ali paraît tel un rescapé jeté par les eaux d’une mer sauvage. Le bonheur le fuit depuis belle lurette. «Croyez-vous que je mène une vie ordinaire? Suis-je un être humain? Je n’ai jamais imaginé finir clochard mais je vois bien que j’y suis...et j’y reste.» Ses mots résonnent. Entre pudeur et sentiment d’humiliation, le vieux d’Alger se ressaisit pour imputer la responsabilité à sa société: «Ce n’est pas moi qui devrais avoir honte. J’ai travaillé 30 ans! 30 ans dans la confection pour être récompensé de cette façon!» Une phrase à trous, puis un silence de cimetière. Une gorge nouée et des larmes ruissellent sur son visage. Il suffit de regarder ce père de famille pour se rendre compte de sa misère qui souvent est conjuguée au pluriel. Condamné à «côtoyer» des rongeurs qui lui font une concurrence avant la levée du jour. Ammi Ali se sent «un damné de la terre», «un chercheur d’os.» Les décharges de Boumati sont son seul refuge. Comment se sent-il au milieu de ces endroits crasseux? «Là-bas, tous les gens sont égaux. Ceux qui y viennent, partagent une même misère, une même cause.» Qu’en est-il du haut risque sanitaire que représentent ces dépotoirs? Il en connaît un bout mais...faire les poubelles pour se nourrir, à plus d’un titre, le constat n’a rien de reluisant. Pauvreté. Jeunes démunis, personnes âgées aux maigres retraites...exclus de la société, ils en sont réduits à ces extrêmes. Des milliers de personnes comme Ammi Ali sont à la merci des «surconsommateurs.» La société algérienne est divisée à tel point qu’elle se compose de deux franges diamétralement opposées: pauvres n’ayant pas de quoi se nourrir et riches qui consomment outrageusement. L’éradication de la pauvreté reste encore une utopie, tant ce phénomène «sert» à l’existence des «riches», explique M.Musette, éminent sociologue au Cread, à Alger. Qu’en est-il de la réaction du gouvernement? Au lieu de chercher les causes ayant poussé tout un chacun à vivre des résidus d’autrui, les autorités brillent par leur mutisme. Banaliser un phénomène d’une telle ampleur est également d’une extrême gravité. Jusqu’à présent, aucune stratégie à moyen ou à long terme, parvenant d’un département directement concerné n’est évoquée. «Cela traduit la rupture de la solidarité sociale, pas uniquement la solidarité institutionnelle», précise le Professeur Mustapha Khiati, président de la Forem. Pour endiguer ce phénomène, il plaide pour «l’institution d’une allocation destinée aux personnes les plus démunies». Qui des ministres a soufflé le moindre mot pouvant rassurer cette frange agonisante? Aucun. Ils donnent l’impression qu’il s’agit-là d’un «cas isolé». Vieux comme le monde, cet argument est souvent répété à l’évocation de ce genre de phénomène. Aujourd’hui, la vérité n’a qu’une seule face. Si les conditions nécessaires de mener une vie normale ne sont pas réunies, les Ammi Ali et autres continuent de vivre «dans la honte.» Par ces mots, Aïssa Laâradj, trentenaire et victime de la déperdition scolaire, «surpris» en train de farfouiller dans un sac d’où il retire un biberon en «bon état» pour son neveu, fait allusion au regard des autres. Ceux-ci disposent de tous les moyens et pouvoirs, y compris celui de se permettre le gaspillage alimentaire. De Boumati à Alger, en passant par Kouba, Ben Aknoun, Belcourt...le constat est le même: vivre c’est aussi survivre. Prochaine destination, Oued Smar où la «Mecque» des fureteurs. La scène est aussi brève que sidérante. Jusqu’ici invisibles, aux abords de la décharge publique, une silhouette, puis deux, puis cinq, sortent de l’ombre et se précipitent sur les poubelles «fraîchement» déchargées par un camion communal. Les gestes sont sûrs, précis et rapides: ouvrir le couvercle, déchirer les sacs, farfouiller le plus loin, le plus profond possible. Ahmed est de ceux-là. A 31 ans, il vit dans un «squat» du côté de Belfort en compagnie de ses amis. Il plonge dans les boîtes à ordures des grands magasins, souvent celles des supérettes, remplies à «ras-la-gueule». Il le fait au détriment d’une santé déjà fragile mais «l’essentiel est de ne pas revenir bredouille.» Comme pour nous convaincre, il exhibe son butin: «une boîte de champignons, une autre de sardines...J’ai aussi une horloge et une pomme étiquetée...Ils jettent de tout.» A Bachdjarah, dès la fin du marché quotidien, ils sont une trentaine à fouiller les cagettes et les cartons entassés au pied des vendeurs. «J’achète, mais je complète de cette façon», explique Saâdia, une dame courbée sur des fanes de poireaux. Tomates éclatées, bananes noircies, pêches écrasées sont ramassées dans un ballet silencieux d’habitués. Mais il arrive que la faim justifie bien souvent les moyens. La «motivation» est politique bien plus qu’économique. Se nourrir avec les restes des commerçants ne devient-il pas une façon de protester contre la société de surconsommation? On plonge dans les ordures comme d’autres s’habillent dans les friperies. Saâdia, elle, fait les deux. «Alger n’est pas Naples», estime une source du ministère du Commerce dans une brève communication qui nous a été accordée. Et de préciser: «Le phénomène existe mais pas au point d’en débattre.» C’est cette absence de débat objectif qui permet de se positionner là où l’on veut. Pas là où l’on doit être. Du constat effectué de visu, on a retenu qu’Alger est pire que Naples. L’«auberge des pauvres», Alger n’en en a beaucoup. En Italie, qui commence à devenir un melting pot à cause des flux migratoires, cette activité insalubre ne concerne pas uniquement les Italiens. Une grande partie sont des sans-papiers où figurent, malheureusement, des Algériens. Pis encore, en sillonnant les différents quartiers d’Alger, on se rend compte que ce sont les Algériens qui salissent l’environnement en jetant une bonne partie de leurs achats. «Le phénomène n’est pas propre à Alger. Les grandes villes du monde dont Londres, New York...etc. ont le même problème», a souligné l’économiste Serraï tout en reconnaissant que l’ampleur prise par ce gaspillage est inquiétante. Cette quantité jetée trouve preneurs sert de «bons repas» pour des milliers de «miséreux.» Et la pollution de l’air résultant de ces déchets, ne semble pas être un souci majeur pour nos autorités et en particulier pour le ministère de l’Environnement et du Tourisme. «Si gaspillage alimentaire il y a aujourd’hui, c’est parce que le menu des Algériens a beaucoup changé et changera encore durant le mois de Ramadhan», commente l’économiste. Contactée via le Net, Catherine H., experte canadienne en écologie, a déclaré à L’Expression que «la problématique est complexe.» Connaissant assez bien l’Algérie, elle nous parle du taux de chômage élevé, du Snmg, des retraités...Faire de même que certains pays occidentaux est devenu une urgence. Qu’ont-ils fait ces pays? Les environnementalistes surnommés «déchettariens», «cueilleurs urbains»...ou «gratuivores» se nourrissent avec les restes des commerçants «pas par manque d’argent, mais pour protester contre la surconsommation. Il y a des limites de consommation et ces experts ont raison de nous le rappeler.» En guise d’arguments, Catherine H se réfère à une étude scientifique menée par l’Institut international de l’eau de Stockholm. «50% de la nourriture produite dans le monde est larguée sans être consommée. En tête de liste: les légumes», explique l’experte canadienne. L’Algérie, Alger pour ainsi dire, n’échappe pas à la règle. Pas étonnant que nos poubelles débordent, qu’elles regorgent de victuailles et que le nombre de ceux vivant des déchets augmente d’une façon fulgurante. Ces laisser-pour-compte, tout le monde les pointe du doigt. Pourtant, ils ne font que vivre à la lisière. Quant au gaspillage alimentaire qui se fait d’une manière éhontée, il n’est pas sans conséquence sur le changement climatique. Catherine. H est convaincue que la diminution des déchets permettra une vie plus saine. «Jeter moitié moins de nourriture, permettra d’emmagasiner plusieurs centaines de tonnes en CO2, en un an», a-t-elle expliqué. Les quantités immenses du gaz à effet de serre, dévastatrices pour la nature, sont dégagées à cause des déchets jetés quotidiennement par ceux auxquels «la vie a souvent souri». Pollution de l’air, surconsommation...les fureteurs n’ont qu’un souci. Ce n’est ni l’un ni l’autre, mais de bien remplir le couffin, un couffin de misère inquiétante.

 

Notre littoral est long de: 1622 km...

On nous a toujours appris que le littoral algérien est d'une longueur totale de 1200 km, mais au fait et après recalcul; il s'avère que l'on a un littoral long de 1622 km. Sacrée différence quand même (+ 422 km).

Ki Kount… ki wellit !!!

Par Y.A. (le carrefour d'algérie)

Un célibataire qui vit     avec 12.000 DA peut- il pouvoir se marier et continuer à vivre avec 12.000 DA? La question taraude les esprits de nombreux célibataires qui ne sont plus aujourd’hui jeunes. Ce sont en fait, de «vieux» célibataires qui, tant que la réponse n’a pas été encore trouvée, ils ne se marieront pas. La vie ne cesse de s’enflammer. L’immobilier de plus en plus inaccessible et ces célibataires n’ont plus le temps pour économiser et pour faire des projets. Pourtant, ils doivent bien se marier. Comment devront-ils faire? Par où doivent-ils commencer et quelle est cette femme qui accepte, aujourd’hui,  de se marier avec un smicard? Même si l’on peut trouver le moyen d’économiser sur les frais du mariage, la vie avec un tel salaire ne permet aucune économie. Pire, la porte sera grande ouverte devant l’endettement. Le temps de vivre avec du pain et du lait est révolu. La société a imposé la consommation à outrance sans se soucier du pouvoir d’achat. Nombreux  sont les célibataire jeunes et moins jeunes qui en souffrent… Et pourtant, il n’existe pas de solution miracle.

 

Nouveau parti de Saïd Bouteflika : Congrès constitutif en automne ?

Prendre de vitesse tout le monde et s'imposer comme la nouvelle force pour une nouvelle Algérie avec de nouvelles alliances  : tel est l'objectif du nouveau parti de Said Bouteflika, le frère cadet du président.
La chose, annoncée dans le livre "Journal d'un homme libre", ne fait plus désormais aucun doute. Un ex-membre du gouvernement l'a confirmé à El Watan. Ce « projet » serait, selon lui, dans sa phase de «concrétisation ». Il s'agit, a-t-il dit, de faire d'abord « accepter » à l'opinion ce concept nouveau de succession à la tête de l'Etat. L'ex-ministre affirme que les personnalités politiques, dont certaines faisaient partie du staff de campagne de Bouteflika, ont été « approchées » par le frère et conseiller du président, Saïd Bouteflika. Des tractations poussées, non démenties par la présidence de la république qui, si elles venaient à aboutir, chambouleraient tout le paysage politique.
Et voilà qu'une source proche des initiateurs du projet évoque, à TSA, la tenue du premier congrès constitutif dès l'automne prochain.  
Le parti aurait même un nom : « Génération libre »
Il se prépare pour les  législatives de 2012 et, bien entendu, pour les présidentielles de 2014.

source: le matin du 07.06.2009

Jeunesse algérienne

L’AMOUR COMME AU CINEMA

Les oiseaux se cachent pour s’aimer. Dans quelques cinémas du centre d’Alger, les jeunes couples se retrouvent pour des étreintes très poussées dans les salles sombres. Plongée cinématographique dans le monde de l’amour obscur.

   Il fait beau sur Alger, un temps à rester dehors. Mais c’est une image, juste une image : « avant, on allait dans les parcs publics », m’explique le jeune homme qui arrange sa chemise à la sortie du cinéma. « Maintenant ce n’est plus possible, laâraya ils viennent, violent ta copine et volent ton argent. », poursuit-il, résigné mais heureux. Sa jolie copine d’une vingtaine d’années se refait les cheveux discrètement ; elle aussi est heureuse mais déjà pressée. L’amour comme au cinéma ? Oui. Signe des temps, ce n’est plus la police ou les islamistes qui chassent les couples dans les parcs publics. Ce sont les jeunes. Voyous désœuvrés, ils  les chassent, s’en prennent aux filles et détroussent leurs compagnons quand ils ne les tabassent pas. C’est tout naturellement que les jeunes couples qui veulent s’étreindre se retrouvent dans les cinémas, réactualisés pour l’occasion. Il faut donc aller au cinéma. Pour ce faire, j’ai réussi à convaincre une jolie papiche de m’accompagner. Elle est jeune, un peu oisive et a accepté, pour des raisons uniquement professionnelles évidemment.  Nous convenons du rendez vous et le jour J à l’heure H, nous nous retrouvons devant le cinéma, à quelques minutes M près. Quelques affiches de films traînent sur les murs mais nous comprenons très vite qu’elle n’ont rien à voir avec le film projeté à l’intérieur.

ORCHESTRE OU BALCON

   75 dinars en bas, 100 dinars en haut, le premier dilemme est entamé. La jeune fille qui m’accompagne n’en sait pas plus que moi, elle n’est jamais entrée dans ce type d’endroit. Où est la meilleure vue sur la société de l’amour obscur ? Au balcon, on ne peut voir ce qu’il y a en bas. A l’orchestre, on ne peut observer ce qu’il se passe en haut. Dans le doute, je prend deux orchestres, c’est moins cher. Coût de l’opération, 150 dinars, une somme dérisoire comparée aux chambres d’hôtel. Avec la jeune fille qui m’accompagne, nous nous regardons une dernière fois comme si nous allions entrer en enfer par la porte principale. Sourires complices et légères appréhensions, l’Algérie change si vite. Bêtement je demande ce qu’il y a comme film au placeur qui m’ouvre la porte de l’orchestre. Il me regarde comme s’il voyait un extraterrestre, surtout que la fille est jolie. Je n’insiste pas et préfère demander si le film a commencé. Il réfléchit vaguement à cette question : « y en a un qui a commencé, un autre va suivre », lâche-t-il sans conviction, toujours atterré à l’idée qu’un couple puisse venir au cinéma pour regarder un film. En fait, je comprend plus tard, il n’y a pas d’horaires. Les films sont projetés en boucle et sans interruption de 13 heures à 18 heures. Bref. Le placeur est déjà entré, nous entrons prudemment derrière lui dans la pénombre. Il a une lampe torche à la main et me fait signe de le suivre dans une obscurité presque totale. Nous montons par les travées du cinéma et je tente de découvrir ce qu’il s’y passe. Je ne vois rien mais entend des rires, des râles et halètements significatifs. Ma copine s’est perdue derrière moi, je me retourne et l’appelle. « Gouwwed sahebtek, tiens-là par la main », me dit le placeur à la lampe torche, voyant notre inexpérience en la matière. Je récupère ma papiche et suis l’accompagnateur dans le noir. Ça y est, il me présente notre place, s’adressant à moi sans jamais parler à la fille. Je trouve la place trop centrale, inadéquate pour une observation in vivo de ce milieu naturel. « Il me semble qu’il y a des places dans le fond », lui dis-je. Il me regarde avec sa torche, un peu irrité : « tu t’assois où tu veux », me dit-il en partant. Toujours la main dans celle de ma papiche mais sans la petite lumière de la torche, je cherche une place. Non. Pas là. Là non plus. « Samhili ». On n’y voit rien et je manque plusieurs fois de m’asseoir sur un couple en plein travail. Ça ne se voit pas bien à cause de l’obscurité mais le cinéma est plein, un couple tous les deux ou trois sièges environ. De plus, de nombreux sièges sont cassés et il faut en trouver deux côte à côté, ce qui n’est pas facile. Ma copine et moi, on a l’air ridicules à tourner dans le noir du cinéma. Le placeur avait raison, il connaît bien son cinéma, on aurait du l’écouter. Lassés, on finit par s’asseoir n’importe où. Je casse un premier siège en ruine en m’asseyant. Je tombe et me relève. Tiha ou nouda. Je tend l’oreille pour entendre les rires fusant sur ma maladresse mais personne ne s’occupe de nous, ils ont autre chose à faire. On change de place et on finit par trouver deux sièges, plus ou moins acceptables. On s’assoit enfin, face à l’écran qui débite des cascades en série, dans un mauvais film pour mauvais spectateurs. Les yeux commencent à s’habituer à l’obscurité. Je scrute. Des couples partout. Dans toutes les positions. Je demande à ma partenaire de m’embrasser pour ne pas avoir l’air suspect. La fille consent -c’est pour le travail- et dans ma position, j’observe. Partout, des filles et des garçons collés, discutant, riant ou faisant l’amour, enserrés dans la position de l’après, de l’avant ou du pendant. Ils font l’amour, le vrai. Si le phénomène n’est pas nouveau et que dans les années 80, les jeunes couples se retrouvaient aussi au cinéma pour de gentils flirts sans conséquences, là c’est différent ; il s’agit de vrais scènes d’amour, sans trucage. Du sexe, réel, comme dans la vraie vie. J’observe et scrute, les yeux grand ouverts. Dans la pénombre devenue demi clarté par accommodation, je me retrouve de nouveau suspect. J’embrasse donc encore ma copine, ce qui commence à nous plaire à tous les deux.

COMME A LA MAISON

   Juste à côté, à trois sièges. Torse nu, une cigarette à la main, un jeune homme savoure son after. On n’a rien vu mais la fille qui se rhabille explique à peu près tout. A deux sièges de nous sur la droite, un couple est enlacé serré. Elle a remontée sa jupe et lui a la braguette défaite. Les corps sont collés et le mouvement est éloquent. Juste derrière, un autre couple cherche la position la plus pratique pour le va-et-vient de l’amour. Le problème est simple ; les accoudoirs qui séparent les sièges ne se relèvent pas et il faut vraiment trouver l’encastrement ergonomique. C’est un cinéma pour acrobates de l’amour, me dis-je. Mais certains couples ne s’embarrassent de tant de recherches. Derrière, une fille est assise de face sur son partenaire, qui lui est sur son siège. Ça monte et descend rapidement, ça monte bien au dessus du niveau des sièges, ce qui fait que derrière eux, personne ne peut voir le film, si tant est qu’il y en a qui sont là pour suivre la projection. Si si, au milieu de cette foule de copulateurs en folie qui bruissent de plaisir, quelques hommes sont seuls et semblent suivre le film. J’embrasse et enlace de nouveau ma papiche pour surveiller ces hommes et voir si ce ne sont pas de simples voyeurs qui profitent du spectacle pour en tirer un plaisir solitaire. Non, je les observe un bon moment, ils regardent vraiment le film. D’ailleurs devant, le placeur à la lampe torche est assis, indifférent à ce qu’il se passe derrière. Lui aussi regarde le film, bien qu’il ait du le voir un millier de fois. Mais il est payé, contrairement aux hommes solitaires qui regardent le film entourés de couples qui font ce qu’ils ont à faire. Comment rester stoïque dans ces cas-là ? C’est un mystère. Sur notre droite, à genoux par terre, une fille tente de satisfaire son partenaire assis sur son siège. Ce dernier lui tapote la tête et apprécie le geste, les yeux flous sur l’écran du cinéma. Tout en bas à droite, un couple entre aux toilettes. Je décide de chronométrer le temps qu’ils y resteront. Ils ne ressortiront qu’un bon quart d’heure plus tard, ce qui est bien loin du simple besoin organique. Une lumière en bas. C’est la lampe torche de notre ami le placeur. Un couple est arrivé et monte pour s’asseoir juste devant nous. Le garçon a un sachet dans lequel il semble avoir diverses victuailles et boissons. Ils sont donc là pour longtemps, comme à la maison. Sa partenaire est arrivée avec un objet étrange emballé dans un sachet. On comprend quand elle prend place ; c’est un coussin, qu’elle dispose entre elle et le siège. La question est évidente ; lavent-ils les sièges après chaque séance d’amour ? Probablement pas ou peut-être à la fin, quand la série de films qui tournent en boucle s’arrêtent vers 18 heures. Une fille que j’avais vu sortir au début avec un garçon vient d’entrer à nouveau dans le cinéma, avec un autre garçon. Fait-elle ça pour de l’argent ? Le placeur se lève une nouvelle fois avec sa torche, sans rien dire. L’ambiance, malsaine au début, commence à paraître normal. Les couples s’amusent, rient quand ils ne font pas l’amour et discutent, comme à la maison. Quelques uns se connaissent et s’interpellent de loin, s’offrant une cigarette ou une canette de quelque breuvage. Ma partenaire est maintenant complètement détendue, comme tout le monde dans la salle. Tout a l’air tranquille. On s’embrasse et s’enlace encore pour que je puisse observer. Ça nous plait. Elle se baisse. Comme à la maison.

ENTREE ET SORTIE LIBRE

   Les films tournant en boucle sans entracte ni lumière allumée bien sûr, on entre et on sort comme on veut dans la pénombre. A n’importe quel moment. Le temps de voir un couple de deux garçons sortir et éveiller ma curiosité (des couples homosexuels ?) et le film se termine pour immédiatement laisser la place à un autre qui s’enchaîne à la seconde près. Trois quarts d’heure de présence, nous décidons avec ma copine de sortir, ayant accompli ce que nous avions à faire. Nous sortons du cinéma et la fille se regarde dans un rétroviseur de voiture garée devant. Elle s’arrange les cheveux, moi aussi. Je la remercie doublement pour sa participation. On se quitte avec de grands sourires et se promet d’essayer le balcon une prochaine fois. Dehors, d’autres couples sont sortis et tentent de réarranger leurs mines et habits défaits. Il est tard, les derniers couples entrent pour de furtives étreintes. Je m’en vais, le sens du devoir accompli. Plus tard, mon rédacteur en chef refusera que je décrive ce qu’il s’est passé entre moi et la jolie papiche qui m’a accompagné au cinéma, me demandant de me contenter de décrire ce que j’ai vu, sans parler de ce que j’ai fais. D’accord. Il est 18 heures, Alger sombre sur les pentes du crépuscule qui s’annonce. Les filles de bonne famille rentrent chez elles au pas pressé. Moi non. Je repense à ce cinéma de l’amour obscur. Oui, j’ai oublié de parler du film. Je crois qu’il s’agissait d’un vague Jet Li contre le reste du monde.

 
 
 

1 vote. Moyenne 5.00 sur 5.

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site